Le maire de Castelnau-le-Lez doit s’excuser pour ses propos sexistes

Le maire de Castelnau-le-Lez doit s’excuser pour ses propos sexistes

Nous condamnons les propos de Frédéric Lafforgue tenus lors de la séance du conseil municipal du 9 décembre. Pour décrédibiliser la parole de Mathilde Borne, le Maire de Castelnau-le-Lez l’a qualifiée en séance d’hystérique. Il est inadmissible qu’un maire use de propos sexistes lorsqu’il s’adresse à une femme élue qui prend la parole au nom des citoyen.nes qu’elle représente.
Ce sexisme ordinaire en politique humilie la femme qui le subit et humilie par extension toutes les femmes. Dans quel siècle vit Frédéric Lafforgue ? Il est grand temps de se mettre à la page monsieur le Maire, de ne pas insulter une élue avec des propos sexistes et de savoir reconnaitre son erreur en s’excusant auprès des femmes qu’il a insulté de la même manière.

Nous invitons donc le monsieur le Maire à s’excuser pour ces propos et nous ne pouvons que lui remettre en mémoire la tribune #MeToo politique.

L’extrait du Conseil municipal

pour les élu.es Choisir l’Ecologie pour Montpellier
Fatma NAKIB (Adjointe déléguée à l’égalité et droits des femmes)
Manu REYNAUD (Adjoint au Maire – Président du groupe)
Coralie MANTION (Vice-Présidente Montpellier Métropole)

Égalité réelle (notre tribune pour le journal municipal)

Les avancées législatives de ces dernières années ont permis une réelle prise de conscience concernant les droits des femmes, mais l’égalité réelle en matière salariale, sociale et même dans la sphère privée est encore un rêve.  La question des violences intra-familiale, dans l’espace public, sexuelles et sexistes sont une réalité quotidiennes pour la plupart des femmes. Les mouvements de libération de la parole ont permis l’expression des souffrances subies, mais pour autant, de nombreux dysfonctionnements sont toujours à l’œuvre.

En sensibilisant, en donnant la voix aux femmes, en multipliant les actions et en mutualisant les énergies au sein du collectif inter-associations Gisèle Halimi, nous cherchons à  soutenir l’objectif à atteindre : l’égalité réelle. C’est aussi ce que nous souhaitons réaliser avec l’obtention de la labellisation égalité professionnelle au sein des services municipaux, tout en multipliant les collaborations avec l’État et les collectivités.

L’égalité et la fin des violences faites aux femmes ne sont pas des questions de débat politique, ce sont des questions de  culture sociétale, de civilisation.

(Fatma NAKIB)

Signature par Marie Massart d’une Convention Restos du coeur – MIN – Association des Producteurs d’Occitanie

Signature par Marie Massart d’une Convention Restos du coeur – MIN – Association des Producteurs d’Occitanie

Au titre de sa Présidence du MIN, Marie Massat a signé la convention d’approvisionnement local qui permettra à plus de 20 000 personnes accueillies par les Restos du Coeur d’être approvisionnées en produits frais par des producteurs locaux.

La précarité alimentaire est encore malheureusement trop élevée à Montpellier. L’étude menée en 2020 dans le cadre des états généraux de la solidarité alimentaire a permis d’estimer le volume de l’aide alimentaire à Montpellier :

–         8 000 usagers directs

–         1 million de repas distribués par an soit 2 500 à 3 000 repas par jour

–         1 375 famille aidées par la prise en charge des repas de cantine scolaire à 0,5 €

–         39 associations et un collectif citoyen œuvrent pour l’aide alimentaire dont 14 en font leur objet prioritaire

La crise provoquée par le COVID a accentué cette précarité avec de nouveaux publics notamment les étudiants.

Je n’oublie pas non plus les trop nombreux agriculteurs et nombreuses agricultrices qui se retrouvent, c’est un comble, en situation de précarité alimentaire faute d’une rémunération juste de leur activité.

Fort heureusement, grâce au travail des associations, à Montpellier l’aide alimentaire couvre l’ensemble des besoins.

Les produits distribués sont malheureusement parfois de mauvaise qualité notamment ceux issus des invendues des supermarchés ou de l’aide alimentaire de l’Europe. Les associations ne sont pas responsables de ce système elles en sont parfois même victimes car c’est une gestion logistique très complexe.

Nous savons que les publics les plus précaires ont le plus souvent une alimentation de mauvaise qualité pas uniquement à cause du prix mais également par des pratiques culturelles ou par manque d’accès à certaines informations. Une alimentation de mauvaise qualité a des conséquences importantes sur la santé et là encore ce sont les publics aux revenus les plus bas qui ont le plus de difficulté d’accès aux soins.

La convention que nous signons aujourd’hui est le fruit d’un travail mené entre le MIN, l’association des producteurs d’Occitanie et les Restos du cœur. Par cette convention, l’association des Restos du cœur de l’Hérault, s’engage à acheter, au prix du marché, des fruits et des légumes aux producteurs locaux via l’association des producteurs d’Occitanie.

Cette convention aura de nombreux avantages :

  • Pour les producteurs :
    • Planifier des mises en culture afin de répondre à cette nouvelle demande.
    • Maintenir une diversité dans l’approvisionnement.
    • Pouvoir vendre leurs produits à un prix équitable. 
  • Pour les bénévoles :
    • Moins de tris, moins de pertes induits par les circuits longs (achats ou dons).
    • Gain de sens dans leur bénévolat
  • Pour les bénéficiaires :
    • Accéder à des produits bruts, des produits frais permettant une alimentation saine et équilibrée.
    • Retourner leur sentiment de culpabilité en devenant « acteurs » de la solidarité et plus uniquement « bénéficiaires ».

Nous avons là une mobilisation des différents acteurs : bénévoles, salarié.es, producteur.ices, élu.es. Je remercie tous les acteurs de cette mobilisation. Je salue le choix fait par les Restos du cœur de l’Hérault de s’approvisionner prioritairement en fruits et légumes locaux, des fruits et des légumes cultivés à moins de 50 km de Montpellier. Permettre une alimentation de qualité locale est un combat de chaque jour. C’est main dans la main que nous y arriverons, comme aujourd’hui avec cette convention.

Journée du souvenir – mémoire des rapatrié.es d’Algérie : discours de Fatma NAKIB

Journée du souvenir – mémoire des rapatrié.es d’Algérie : discours de Fatma NAKIB

C’est avec solennité et émotion que nous commémorons, comme chaque année à l’occasion de la Journée nationale du souvenir, la mémoire des rapatriés d’Algérie.

Le 19 mars 1962, à midi, prend officiellement effet un cessez-le-feu qui met fin à huit ans d’irréparables blessures. « Les évènements d’Algérie », comme on les appelait alors, étaient officiellement terminés. Le point de départ de cette guerre, car il faut la nommer ainsi, c’est cette date du 1er novembre 1954, que l’on appellera « la Toussaint rouge ».

Ce jour-là, plusieurs attentats orchestrés par le Front de libération nationale retentissent sur l’ensemble du territoire algérien et visent à faire entendre les revendications du mouvement indépendantiste. Dans cette nuit du 1er novembre 1954, 70 attentats frappent des symboles de la présence française en Algérie : des casernes militaires et de gendarmerie, des bureaux de poste, des bâtiments administratifs, des fermes de colons, des voies ferrées.Les moyens déployés par les indépendantistes sont faibles, mais la frappe fera malgré tout 10 morts et sera un épisode marquant du passage à la lutte armée contre la présence française.

La Toussaint rouge fera peu de bruit sur le territoire français et pourtant, c’est le début de la Révolution algérienne, qui veut mettre fin à l’occupation française et obtenir l’indépendance et la fin du système colonial. Commence alors une guerre de 7 ans et 8 mois, une guerre de décolonisation longue et douloureuse, qui provoquera, en France, la chute de la IV° république, l’avènement de la Vème, et qui marquera des générations de français.es et d’algérien.nes, rapatrié.es, appelés, harkis, indépendantistes, ou simples citoyen.nes aux vies bouleversées. Comme l’écrit Benjamin Stora, « Ce conflit a divisé non seulement les Algériens et les Français, mais aussi les Algériens entre eux et les Français entre eux ». Près de soixante ans plus tard, force est de constater que la mémoire, les mémoires, restent douloureuses, et qu’il reste beaucoup à faire, sur chaque rive, pour qu’algérien.nes et français.es regardent ces pans douloureux de leur histoire commune, et se l’approprient.

Mon père est né dans les montagnes de la haute Kabylie, il est enrôlé dans la gendarmerie en 1956. Ce n’est pas en harki qu’il est entré en France, c’est en uniforme de gendarme français. Il nous a élevé avec ma mère, en français, conscients de son histoire et de notre double identité algérienne et française. Aujourd’hui, c’est en élue de la République, indivisible et universelle, que je vous dis, avec un peu d’émotion, que nous avons, pour beaucoup d’entre nous, une histoire commune, une mémoire commune, et que ces histoires et ces mémoires attendent encore qu’on les partage.

Aujourd’hui, la France commémore des combattants et des victimes, quant au même moment l’Algérie fête une révolution. Honorons ce jour comme celui du souvenir et de la réconciliation. La mémoire nous interdit l’indifférence, nos destins nationaux sont liés.

« La solidarité internationale, c’est la tendresse des peuples » disait le poète sandiniste Tomas BORGE. C’est de cette tendresse dont nous avons désormais la responsabilité. Au-delà des anciens combattant.es, des pieds noirs ou des harkis, ce souvenir appartient à notre histoire, à nos nations et à nos peuples.

États généraux de la solidarité : discours de Marie Massart

États généraux de la solidarité : discours de Marie Massart

La précarité alimentaire est forte et particulièrement à Montpellier. Suite à la crise que nous vivons depuis plus d’un an, cette précarité s’est encore accentuée. Nous avons pu constater heureusement une prise de conscience de l’importance de l’approvisionnement local mais malheureusement les mauvaises habitudes reviennent vite.

Sur le plan de la précarité, fort heureusement à Montpellier personne ne meurt de faim. Mais nous savons que les publics les plus précaires ont le plus souvent une alimentation de mauvaise qualité pas uniquement à cause du prix mais également par des pratiques culturels ou par manque d’accès à certaines informations. Je tiens à saluer le travail des associations, des bénévoles qui œuvre au quotidien pour l’aide alimentaire.  Une alimentation de mauvaise qualité a des conséquences importantes sur la santé et là encore ce sont les publics les plus précaires qui ont le plus de difficulté d’accès aux soins.

C’est un grand défi de permettre l’accessibilité de cette alimentation au plus grand nombre car évidemment les produits doivent être achetée à leur juste valeur et on sait que c’est beaucoup de travail. Les producteurs sont eux même des publics souvent en grande précarité. Donc il ne s’agit surtout pas de tirer les prix vers le bas. La ville de Montpellier, avec la métropole, a fait le choix d’orienter sa politique alimentaire prioritairement vers la lutte contre la précarité alimentaire qu’on peut aussi qualifier d’inégalité alimentaire.

De nombreuses actions sont déjà en place et d’autres sont en projet.

Les actions :

  • En premier lieu l’accessibilité à la cantine avec
    • Une tarification sociale
    • Une offre large permettant au plus grand nombre de pouvoir y manger. Les quartiers prioritaires sont les plus nombreux à venir y manger ce qui n’est pas le cas dans beaucoup d’autres villes
  • Les dons alimentaires de la cuisine centrale sous forme de repas et de produits bruts : 25 000 repas/an et en moyenne entre 150 et 200 repas/jour
  • Les actions pédagogiques pour faire évoluer les comportements alimentaires (moins de viande)
  • L’accès à une agriculture urbaine de proximité : potagers dans les écoles, jardins familiaux, jardins partagés pour que les enfants et les adultes réapprennent comme poussent les légumes, les productions locales, le rythme des saisons

Les projets :

  • Doubler les surfaces d’agricultures urbaines
  • Favoriser les projets de dons alimentaires sur les jardins partagés et familiaux Meilleurs accès aux marchés de producteurs via des aides et des groupements d’achats
  • Des appuis logistiques pour le stockage des denrées via le MIN
  • L’appui technique à l’achat de matériel dans les cantines populaires en bénéficiant de l’expertise de la cuisine centrale
  • Appui technique et mise en réseau avec les fournisseurs et les producteurs
  • Et enfin la cité de l’alimentation avec :
    • Une nouvelle unité de production alimentaire ouvertes avec des visites, des cours de cuisine, un jardin pédagogique.
    • Une BLTP (légumerie, murisserie, conserverie, espace d’affinage, pâtisserie) pour travailler prioritairement sur les produits bruts et réduire la part des produits ultra-transformés
    • Développement des selfs dans les écoles
    • L’expérimentation d’un office transformé en cuisine dans une école
    • La formation du personnel à une approche hôtelière
    • Un programme de sensibilisation dans les écoles
    • Des jardins potagers dans les écoles
    • Des partenariats avec les fermes ressources
    • Un bus pédagogique itinérant
    • Et enfin, des tiers lieux alimentaires dans toutes la ville en partenariat avec le secteur associatif (cantines populaires, espace pour apprendre à cuisiner, épicerie solidaire, groupement d’achat, espace de formation…)