Stéphane Jouault préside le Comité Arbre. L’élu écologiste explique le rôle de cette instance dont l’objectif est de préserver la patrimoine arboré dans les projets d’urbanisme.
Lundi s’est réuni pour la première fois le Comité Arbre à Montpellier. Une nouveauté de la mandature de Michaël Delafosse portée par les Écologistes de la majorité. « C’est une révolution dans la façon de considérer l’urbanisme. On regarde le naturel existant. Nous changeons de paradigme en prenant les choses dans l’autre sens » explique Stéphane Jouault, délégué à la nature en ville et à la biodiversité, qui préside le comité.
Qu’est-ce que le Comité Arbre ?
Le Comité Arbre existe depuis le conseil municipal de décembre et s’appuie sur un document validé durant celui-ci qui est la charte de l’arbre. Le comité est composé de quatre élus, deux associations et un chercheur du CIRAD. Son objectif est d’examiner les projets d’aménagement sur le domaine public ou dans les ZAC, voire certains permis de construire, pour voir comment envisager la question du patrimoine arboré.
Quel est l’objectif du comité ?
Nous n’examinons que les dossiers où il y a une problématique arbre. L’objectif est de voir si la construction est opportune et si c’est le cas, comment on peut réduire au maximum l’impact sur le patrimoine arboré. C’est vraiment très riche. L’idée est de mettre l’arbre d’abord. On regarde le patrimoine arboré et après on voit quel bâtiment on peut insérer dedans ou pas. On inverse les choses, on change de paradigme. On regarde les ressources du territoire et on fait en fonction. Et, si c’est difficile de réduire, comment on peut compenser au mieux.
De quelle manière ?
On entre dans un nouvelle philosophie. Jusqu’ici, l’idée était qu’à chaque fois que l’on coupait un arbre on en replantait deux. Sauf que couper un pin qui a deux ans ou un micocoulier qui a 60 ans, ce n’est pas du tout la même chose. Désormais, on va réfléchir sur une compensation qui ne sera pas du tout la même. Et là on compte sur l’apport des Écologistes de L’Euzière et de la LPO, les deux associations dans le comité, pour nous aider à voir quelle est la meilleure manière de compenser.
L’arbre veut retrouver toute sa place en ville. Christophe Ruiz – Ville et Métropole de Montpellier
Publié le 19/02/2021
Repensée, la Charte de l’arbre sert de texte de référence au nouveau Comité de l‘arbre, qui veut faire de la biodiversité une priorité de l’urbanisme.
Vingt-quatre ans, déjà ! En 1996, Montpellier avait été une des premières villes à se doter d’une Charte de l’arbre urbain. Mais avec le temps, celle-ci était un peu tombée aux oubliettes. Elle vient d’être repensée pour mieux coller aux problématiques actuelles.
« L’objectif, c’est de mieux prendre en compte la place de l’arbre et de la biodiversité dans les projets d’urbanisme », explique Stéphane Jouault, président du Comité Arbre qui vient d’être créé et s’est réuni pour la première fois ce lundi.
La richesse végétale doit être un élément structurant dans l’urbanisation
Ce Comité est composé de quatre élus, deux représentants d’associations (Les Écologistes de l’Euzière et la Ligue pour la Protection des Oiseaux Occitanie), et un membre du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement).
« Il a pour vocation de donner un avis sur tous les projets d’aménagement qui impacteraient le patrimoine arboré existant, en particulier sur le domaine public, mais aussi sur des terrains privés », explique celui qui est aussi adjoint délégué à la nature en ville et à la biodiversité.
« Son objectif, au-delà de la sensibilisation, est d’opérer un changement profond vers un urbanisme qui prend en compte l’existant. La richesse végétale doit être un élément structurant dans l’urbanisation. Il faut en permanence trouver un équilibre entre constructibilité et préservation des arbres. »
« Travailler en confiance avec les promoteurs »
« Nous commençons par travailler sur les grands projets où il y a un problématique arbre, comme les ZAC (zones d’aménagement concerté), pour voir s’ils sont adaptés. On veut aller au-delà du « un arbre coupé, deux arbres replantés » (de la précédente Charte). Car supprimer un micocoulier de cent ans pour mettre deux arbustes, ça n’a pas de sens. »
Sur le projet de Font Colombe, Stéphane Jouault est très clair : « c’est exactement l’opposé de ce qu’on veut promouvoir. De telles pratiques aujourd’hui à Montpellier, ce n’est plus possible. Ce qu’on veut, c’est travailler en confiance avec les promoteurs. Protéger le patrimoine arboré, cela passe aussi par le nouveau PLUI (Plan local d’urbanisme intercommunal). »
« Cette Charte et ce Comité constituent les premiers éléments du plan d’actions de la Ville : préserver le patrimoine arboré, et planter 50 000 arbres supplémentaires sur dix ans dans le cadre de forêts urbaines. »
Dans le cadre du projet « Montpellier ville nature », la municipalité a engagé une série de mesures pour végétaliser Montpellier et offrir une meilleure qualité de vie aux citoyens.
La nouvelle charte de l’arbre et la création du Comité Arbre, dont la première séance s’est tenue le 15 février 2021, constituent les premiers éléments du plan d’actions de la Ville, qui, en complément d’un vaste programme de plantations de 50 000 arbres supplémentaires sur 10 ans dans le cadre de forêts urbaines, a pour priorité la préservation du patrimoine arboré.
COMPOSITION ET VOCATION DU COMITÉ ARBRE
Le comité Arbre a pour vocation de donner un avis sur tous les projets d’aménagement qui impacteraient le patrimoine arboré existant, en particulier sur le domaine public. Véritable instance de co-construction, l’objectif de ce comité, au-delà de la sensibilisation, est d’opérer un changement profond vers un urbanisme qui prend en compte l’existant. De fait, la richesse végétale doit être un élément structurant à conserver dans l’urbanisation et ainsi trouver en permanence un équilibre entre constructibilité et préservation des arbres.
Le Comité Arbre est composé d’élus et d’associations reconnues dans le domaine de la protection de la nature :
Stéphane JOUAULT, Président du Comité Arbre, Adjoint au Maire de Montpellier, délégué à la nature en ville et biodiversité,
Maryse FAYE, Adjointe au Maire de Montpellier, déléguée à l’urbanisme durable et maîtrise foncière,
Laurent NISON, Adjoint au Maire de Montpellier, délégué au grands travaux, embellissement de la ville et coordination des travaux,
Frédéric LAFFORGUE, Vice-Président de Montpellier Méditerranée Métropole, délégué à la Voirie et à l’Espace Public,
Clément LEMARCHAND de l’Association des Ecologistes de l’Euzière,
Nicolas SAULNIER de la Ligue pour la Protection des Oiseaux Occitanie,
Yves CARAGLIO du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD).
La charte de l’arbre est le texte de référence du Comité dont le tome 2 vient d’être publié sur cette page.
Charte de l’arbre de Montpellier
Réactualisée, c’est un outil de référence des bonnes pratiques (et de ce qu’il ne faut pas faire) pour guider les décideurs, maîtres d’ouvrage, chefs de projets, paysagistes, urbanistes et architectes. Ouvrage de référence, il invite chacun à repenser la place de la nature en ville et rappelle les nombreuses vertus de l’arbre : climatiseurs naturels, purificateurs d’air, outils de lien social… La charte se compose de 2 volumes avec un volet pédagogique qui a vocation à être partagé avec tous les jardiniers montpelliérains, amateurs et éclairés.
Elle permettra à chacun d’acquérir une culture commune de l’arbre dans la ville. Il s’agit de partager une vision commune pour préserver et enrichir notre patrimoine arboré.
Mercredi 18 novembre, la Jeune Chambre Economique de Montpellier organisait la conférence-débat en ligne « Comment concilier bâtiment et biodiversité », avec des participants de choix. De bonnes pratiques ont émergé, témoignant des bonnes volontés des uns et des autres pour faire avancer la cause animale.
Des intervenants experts en construction et d’autres experts en faune et flore ont pu partager et confronter leurs idées. Anthony Gontier, chef de projet pour la JCE Montpellier, a animé cette soirée passionnante. Les participants ont pu exposer les contraintes vécues de part et d’autre, à la fois en termes de bâtiment et de protection de l’environnement.
L’adjoint délégué à la Biodiversité et à la Nature de Montpellier, Stéphane Jouault, a regretté que la biodiversité ne soit pas envisagée d’un point de vue urbanistique. « Actuellement, on pense au bâti, à la voirie, à mettre un parking, et seulement s’il reste de l’espace, on met un espace végétalisé. Biodiversité rime au mieux avec nature ou verdissement. Mais ce n’est pas ainsi qu’il faut procéder. Il faut changer de paradigme, c’est-à-dire prendre le paysage vivant existant et voir comment y insérer le bâti pour qu’il s’intègre dans l’écosystème. La végétalisation présente de nombreux atouts : elle permet de rafraîchir, évite le ruissellement, capte la pollution. Il faut veiller à ne pas couper les écosystèmes à l’échelle d’un quartier, d’une commune, donc respecter les trames vertes et bleues. Si on les coupe, cela peut détruire des écosystèmes entiers. On doit considérer l’arbre comme un patrimoine à préserver. ». A ce titre, « une charte de l’arbre sera soumise au vote au prochain conseil municipal, et un Comité Arbre va être créé avec la LPO et les Ecologistes de l’Euzières notamment, pour voir comment gérer le patrimoine arboré à Montpellier », a-t-il annoncé.
Stéphane Jouault, adjoint délégué à la Biodiversité et à la Nature de Montpellier.
Valérian Tabard, coordinateur du pôle mobilisation citoyenne de la Ligue de Protection des Oiseaux Hérault, a renchéri en expliquant que « la biodiversité du bâti n’est pas celle des champs, des garrigues, du littoral. C’est une biodiversité dite de proximité ou en ville. On ne peut pas remplacer la biodiversité perdue par un écoquartier. L’étalement urbain dans l’Hérault a été frénétique ces dernières décennies, entraînant par exemple la disparition de zones humides »… Il s’est déclaré favorable à la densification de population dans les centres-bourgs plutôt qu’à l’étalement urbain. Selon lui, il faudrait revoir l’intégration de la biodiversité en ville. Il s’est alarmé que « de nouveaux bâtiments émergent, vertueux en termes d’économies d’énergie, mais catastrophiques pour la biodiversité car les oiseaux ne peuvent y nicher et les lézards ne peuvent s’y accrocher pour grimper ». Il s’est prononcé pour une meilleure cohabitation entre la faune sauvage et les humains. Certains sites Internet* et le Club U2B donnent des pistes aux promoteurs et entreprises du bâtiment.
Anaïs Thourot, directrice générale de Roxim Promotion, est du même avis :« Les constructeurs des immeubles des années 60 et 70 ne se préoccupaient pas d’environnement. Il y a eu une prise de conscience collective à l’aube des années 80. La loi de 1976 impose des études d’impact pour certains bâtiments. Maintenant, la filière de la promotion immobilière est engagée dans le changement, consciente que le bâtiment produit 16 % des émissions de CO2 dans le monde. Les projets significatifs actuels doivent appliquer la séquence ERC : Eviter les atteintes à l’environnement, Réduire les impacts sur l’environnement, et Compenser les effets qui n’ont pu être ni évités ni réduits. Actuellement, les promoteurs sont soumis à une obligation de résultat. Pour les projets courants, les maîtres d’ouvrage prennent de plus en plus d’initiatives en matière de biodiversité : dépose avant construction, pose de nichoirs, potagers partagés, composteurs, création d’enrochements, de zones humides… Mais ces actions doivent être renforcées. En la matière, tout est possible, mais toute action écologique augmente le prix de vente. Notre seule limite est l’acceptation du prix de vente par l’acheteur », selon elle.
Fabien Labbé, membre du bureau de la FFB 34, indique que la Fédération du Bâtiment a mis en place Le quart d’heure environnement pour les entreprises adhérentes volontaires, afin de sensibiliser les personnels sur le chantier. Parmi les thèmes abordés figurent une définition de la biodiversité, les façons de la protéger, les travaux pouvant potentiellement la dégrader, et les bonnes pratiques : conserver la terre si elle n’est pas polluée, sécuriser les troncs d’arbres, les racines, éviter de positionner l’éclairage vers le ciel pour ne pas perturber les oiseaux migrateurs, agir correctement quand on trouve un nid d’hirondelle (espèce protégée), sachant qu’il est interdit de le détruire…
En conclusion, il a été dit que les diverses parties prenantes devaient unir leurs forces pour intégrer l’hébergement des hérissons, hirondelles et chauves-souris dans les projets de construction, en amont. On veut y croire.
Face au changement climatique, afin de lutter contre les îlots de chaleur et la pollution atmosphérique, la Ville de Montpellier s’engage pour étendre son patrimoine arboré vecteur de bien-être et de santé.
L’ambition de l’équipe municipale est d’engager un vaste programme de plantation de 50 000 arbres supplémentaires.
L’opération « Mettons de la nature dans notre ville » s’appuie pour cela sur trois piliers : la plantation d’arbres dans les différents quartiers de la ville, les « bons de végétalisation » et les « Incroyables bosquets fruitiers« , portés par l’association « des semeurs de jardins », lauréate d’un appel à projets de la Région Occitanie. Plus de 900 arbres fruitiers vont être plantés dans le mois à venir.
UN BON DE VÉGÉTALISATION POUR QUE TOUS LES MONTPELLIÉRAINS PUISSENT PARTICIPER À L’EMBELLISSEMENT DE LA VILLE
Le dispositif permet aux Montpelliérains de candidater pour participer à la végétalisation et à l’embellissement de l’espace public par obtention d’une autorisation de plantation sur la façade de son habitation avec fourniture par la Ville d’une plante grimpante, sur un pied d’arbre aménagé préalablement par la Ville ou dans une jardinière.
Une nouveauté vient s’ajouter à ce dispositif : il sera désormais possible d’avoir un arbre fruitier pour les Montpelliérains disposant d’un jardin. Pour l’obtenir, le candidat devra être domicilié à Montpellier, justifier d’un titre de propriété et d’un jardin capable de recevoir cet arbre. Une vérification, avant l’attribution de l’arbre fruitier, par les services de la Ville sera effectuée afin d’apprécier si les bonnes conditions de plantation sont réunies. Pour les personnes vivant en résidence, un ou plusieurs arbres fruitiers pourront être donnés. La demande se fait par l’intermédiaire du syndic de copropriétaires, sur la base d’un arbre par résident, dans la limite de 15 arbres chaque année et après vérification par les services de la Ville des conditions de plantation. Les candidatures se feront en ligne sur le site de la Ville comme pour les autres options du bon de végétalisation. Deux sessions de distribution auront lieu chaque année, au printemps et à l’automne. Tous les lauréats devront autoriser les services de la Direction Paysage et Biodiversité, à contrôler la réalité des plantations et leur bonne gestion dans le temps. Les candidats ne pourront pas renouveler une demande la même année. Un guide de plantation et de conseils d’entretien sera donné à chaque lauréat.
UNE NOUVELLE CHARTE DE L’ARBRE PRÉSENTÉE AU PROCHAIN CONSEIL MUNICIPAL
La charte de l’arbre est un guide de bonnes pratiques de gestion de l’arbre en milieu urbain. Il constitue un ouvrage de référence pour les décideurs et intervenants sur le patrimoine arboré de la ville. C’est aussi un outil pédagogique pour l’ensemble de la population qui précise le rôle important des arbres pour notre santé et notre bien-être. Elle définit les règles et formalise les engagements de la ville pour gérer, protéger et développer son patrimoine arboré. Montpellier a été l’une des premières villes à se doter d’une charte de l’arbre. La première version date de 1996. Elle est aujourd’hui à réactualiser. Cette nouvelle charte se veut accessible à tous (version numérique téléchargeable sous forme de fiches pratiques) et doit être évolutive pour suivre les avancées techniques et juridiques dans le domaine. Une version simplifiée pour les habitants sera également éditée.
LE RÉSEAU DES SEMEURS DE JARDINS
L’association « Le réseau des semeurs de jardins » a vu le jour le 18 juin 2015. Elle soutient de nombreux événements organisés autour des jardins collectifs de Montpellier et du Languedoc-Roussillon. Ces jardins permettent aux habitants d’un quartier, d’un village ou d’une ville, de cultiver ensemble et de partager fleurs, fruits et légumes. A la suite d’un premier travail de recensement des initiatives de jardins collectifs menées en 2011 dans la région Languedoc-Roussillon et la création d’une dynamique d’échanges entre porteurs de projets, collectivités, recherche, institutions autour de cette thématique, l’association a souhaité créer un espace pour s’informer sur ce qui se passe dans les jardins collectifs en région et ailleurs. Mais aussi afin de relier les différents acteurs à travers leurs idées, savoir-faire et projets ; partager des ateliers, des graines, des terrains ; se former à la permaculture, l’agroforesterie, les semences paysannes et les plantes médicinales. Le réseau des semeurs de jardins est lauréat d’un appel à projets de la Région Occitanie grâce à son projet « d’Incroyables bosquets fruitiers » que la Ville de Montpellier soutient en mettant à disposition des lieux de plantation.
Bonjour, Une question, donc la ligne bleu pleine ça montre les tronçons qui passent de voies vélos, vers voies partagées…
Beau projet !!!! Charte Que l’on pourrait promouvoir auprès des entreprises d’élagage et des services municipaux délivrant les autorisations de…
Accrochons nous (aux branches), les promoteurs sont coriaces ! Espérons aussi que la taille des arbres sera moins draconienne en…
Bonjour, Je me permets de réagir sur la Stratégie Mobilité 2025 qui prend la population dans son ensemble sans faire…
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