Signature par Marie Massart d’une Convention Restos du coeur – MIN – Association des Producteurs d’Occitanie

Signature par Marie Massart d’une Convention Restos du coeur – MIN – Association des Producteurs d’Occitanie

Au titre de sa Présidence du MIN, Marie Massat a signé la convention d’approvisionnement local qui permettra à plus de 20 000 personnes accueillies par les Restos du Coeur d’être approvisionnées en produits frais par des producteurs locaux.

La précarité alimentaire est encore malheureusement trop élevée à Montpellier. L’étude menée en 2020 dans le cadre des états généraux de la solidarité alimentaire a permis d’estimer le volume de l’aide alimentaire à Montpellier :

–         8 000 usagers directs

–         1 million de repas distribués par an soit 2 500 à 3 000 repas par jour

–         1 375 famille aidées par la prise en charge des repas de cantine scolaire à 0,5 €

–         39 associations et un collectif citoyen œuvrent pour l’aide alimentaire dont 14 en font leur objet prioritaire

La crise provoquée par le COVID a accentué cette précarité avec de nouveaux publics notamment les étudiants.

Je n’oublie pas non plus les trop nombreux agriculteurs et nombreuses agricultrices qui se retrouvent, c’est un comble, en situation de précarité alimentaire faute d’une rémunération juste de leur activité.

Fort heureusement, grâce au travail des associations, à Montpellier l’aide alimentaire couvre l’ensemble des besoins.

Les produits distribués sont malheureusement parfois de mauvaise qualité notamment ceux issus des invendues des supermarchés ou de l’aide alimentaire de l’Europe. Les associations ne sont pas responsables de ce système elles en sont parfois même victimes car c’est une gestion logistique très complexe.

Nous savons que les publics les plus précaires ont le plus souvent une alimentation de mauvaise qualité pas uniquement à cause du prix mais également par des pratiques culturelles ou par manque d’accès à certaines informations. Une alimentation de mauvaise qualité a des conséquences importantes sur la santé et là encore ce sont les publics aux revenus les plus bas qui ont le plus de difficulté d’accès aux soins.

La convention que nous signons aujourd’hui est le fruit d’un travail mené entre le MIN, l’association des producteurs d’Occitanie et les Restos du cœur. Par cette convention, l’association des Restos du cœur de l’Hérault, s’engage à acheter, au prix du marché, des fruits et des légumes aux producteurs locaux via l’association des producteurs d’Occitanie.

Cette convention aura de nombreux avantages :

  • Pour les producteurs :
    • Planifier des mises en culture afin de répondre à cette nouvelle demande.
    • Maintenir une diversité dans l’approvisionnement.
    • Pouvoir vendre leurs produits à un prix équitable. 
  • Pour les bénévoles :
    • Moins de tris, moins de pertes induits par les circuits longs (achats ou dons).
    • Gain de sens dans leur bénévolat
  • Pour les bénéficiaires :
    • Accéder à des produits bruts, des produits frais permettant une alimentation saine et équilibrée.
    • Retourner leur sentiment de culpabilité en devenant « acteurs » de la solidarité et plus uniquement « bénéficiaires ».

Nous avons là une mobilisation des différents acteurs : bénévoles, salarié.es, producteur.ices, élu.es. Je remercie tous les acteurs de cette mobilisation. Je salue le choix fait par les Restos du cœur de l’Hérault de s’approvisionner prioritairement en fruits et légumes locaux, des fruits et des légumes cultivés à moins de 50 km de Montpellier. Permettre une alimentation de qualité locale est un combat de chaque jour. C’est main dans la main que nous y arriverons, comme aujourd’hui avec cette convention.

États généraux de la solidarité : discours de Marie Massart

États généraux de la solidarité : discours de Marie Massart

La précarité alimentaire est forte et particulièrement à Montpellier. Suite à la crise que nous vivons depuis plus d’un an, cette précarité s’est encore accentuée. Nous avons pu constater heureusement une prise de conscience de l’importance de l’approvisionnement local mais malheureusement les mauvaises habitudes reviennent vite.

Sur le plan de la précarité, fort heureusement à Montpellier personne ne meurt de faim. Mais nous savons que les publics les plus précaires ont le plus souvent une alimentation de mauvaise qualité pas uniquement à cause du prix mais également par des pratiques culturels ou par manque d’accès à certaines informations. Je tiens à saluer le travail des associations, des bénévoles qui œuvre au quotidien pour l’aide alimentaire.  Une alimentation de mauvaise qualité a des conséquences importantes sur la santé et là encore ce sont les publics les plus précaires qui ont le plus de difficulté d’accès aux soins.

C’est un grand défi de permettre l’accessibilité de cette alimentation au plus grand nombre car évidemment les produits doivent être achetée à leur juste valeur et on sait que c’est beaucoup de travail. Les producteurs sont eux même des publics souvent en grande précarité. Donc il ne s’agit surtout pas de tirer les prix vers le bas. La ville de Montpellier, avec la métropole, a fait le choix d’orienter sa politique alimentaire prioritairement vers la lutte contre la précarité alimentaire qu’on peut aussi qualifier d’inégalité alimentaire.

De nombreuses actions sont déjà en place et d’autres sont en projet.

Les actions :

  • En premier lieu l’accessibilité à la cantine avec
    • Une tarification sociale
    • Une offre large permettant au plus grand nombre de pouvoir y manger. Les quartiers prioritaires sont les plus nombreux à venir y manger ce qui n’est pas le cas dans beaucoup d’autres villes
  • Les dons alimentaires de la cuisine centrale sous forme de repas et de produits bruts : 25 000 repas/an et en moyenne entre 150 et 200 repas/jour
  • Les actions pédagogiques pour faire évoluer les comportements alimentaires (moins de viande)
  • L’accès à une agriculture urbaine de proximité : potagers dans les écoles, jardins familiaux, jardins partagés pour que les enfants et les adultes réapprennent comme poussent les légumes, les productions locales, le rythme des saisons

Les projets :

  • Doubler les surfaces d’agricultures urbaines
  • Favoriser les projets de dons alimentaires sur les jardins partagés et familiaux Meilleurs accès aux marchés de producteurs via des aides et des groupements d’achats
  • Des appuis logistiques pour le stockage des denrées via le MIN
  • L’appui technique à l’achat de matériel dans les cantines populaires en bénéficiant de l’expertise de la cuisine centrale
  • Appui technique et mise en réseau avec les fournisseurs et les producteurs
  • Et enfin la cité de l’alimentation avec :
    • Une nouvelle unité de production alimentaire ouvertes avec des visites, des cours de cuisine, un jardin pédagogique.
    • Une BLTP (légumerie, murisserie, conserverie, espace d’affinage, pâtisserie) pour travailler prioritairement sur les produits bruts et réduire la part des produits ultra-transformés
    • Développement des selfs dans les écoles
    • L’expérimentation d’un office transformé en cuisine dans une école
    • La formation du personnel à une approche hôtelière
    • Un programme de sensibilisation dans les écoles
    • Des jardins potagers dans les écoles
    • Des partenariats avec les fermes ressources
    • Un bus pédagogique itinérant
    • Et enfin, des tiers lieux alimentaires dans toutes la ville en partenariat avec le secteur associatif (cantines populaires, espace pour apprendre à cuisiner, épicerie solidaire, groupement d’achat, espace de formation…)